Edito du 12/07/2004
L'association Assistance Usagers Psy (réseau d'entraide des personnes
ayant recours à la psychothérapie) a officiellement vu
le jour le 04/02/2004 à la suite des événements
d'octobre dernier et de l'arrivée de l'amendement dit "Accoyer" sur
la scène parlementaire.
La présidente Catherine Loury et la secrétaire générale
Maria Silvestri ont assisté vendredi dernier à l'intégralité des
débats au Sénat concernant la loi sur la santé publique
et notamment à la lecture de l'article 18 quater relatif à la
conduite des psychothérapies (Voir
le compte-rendu des débats).
C'est maintenant le moment pour notre association de se positionner par
rapport à la
loi fraîchement votée.
L'amendement finalement adopté est rédigé comme
suit :
«
L'usage du titre de psychothérapeute est réservé aux
professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.
L'inscription est enregistrée sur une liste dressée par
le représentant de l'État dans le département de
leur résidence professionnelle. Elle est tenue à jour,
mise à la disposition du public et publiée régulièrement.
Cette liste mentionne les formations suivies par le professionnel, notamment
les formations théoriques et pratiques en psychopathologie clinique.
En cas de transfert de la résidence professionnelle dans un autre
département, une nouvelle inscription est obligatoire. La même
obligation s'impose aux personnes qui, après deux ans d'interruption,
veulent à nouveau faire usage du titre de psychothérapeute.
L'inscription sur la liste visée à l'alinéa précédent
est de droit pour les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine,
les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue
dans les conditions définies par l'article 44 de la loi n° 85-772
du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social et les
psychanalystes régulièrement enregistrés dans les
annuaires de leurs associations.
Un décret en conseil d'État précise les modalités
d'application du présent article et les conditions de formation
théoriques et pratiques que doivent remplir les candidats à l'inscription
en application du deuxième alinéa. »
Conformément aux objectifs que l'association s'est fixés,
nous continuerons donc à informer le public
tout en insistant sur le fait qu'il reste de l'intérêt des
usagers de s'informer par eux-mêmes sur la formation du psychothérapeute consulté. L'inscription de droit des médecins et psychologues
ne donne aucune garantie sur leur formation à la psychothérapie
(thérapie personnelle, formation professionnelle, supervision
de la pratique), quand bien même ces derniers seraient formés à la
psychopathologie clinique. Seuls les psychanalystes "régulièrement
enregistrés dans les annuaires de leurs associations" présentent
des garanties analogues à celles des psychothérapeutes
dûment formés.
Nous considérons que, loin d'améliorer "la transparence
au profit des personnes les plus fragilisées", ce texte,
qui se veut au service des personnes en recherche de psychothérapeute,
ignore les besoins des usagers en donnant une définition du titre
de psychothérapeute ne correspondant pas aux compétences
nécessaires pour mener à bien des psychothérapies.
Nous avons pris note que M. Douste-Blazy, ministre de la Santé,
s'est publiquement engagé à prendre "le temps
pour consulter très largement tous les professionnels concernés" avant
de rédiger les décrêts. Il n'a néanmoins
pas mentionné les associations de consommateurs. En tant qu'association
d'usagers nous souhaitons être consultés. Nous serons
particulièrement attentifs à la façon dont les
décrêts seront rédigés.
Le bureau
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